Alors demain flottera le drapeau noir

Rédigé par Aurélien - - 2 commentaires

La révolution… un terme certes très évocateur, mais qui dans l'esprit de la plupart des gens se réfère soit à des évènements historiques, soit à des conflits violents ayant lieu dans de lointaines régions du globe, en tous les cas quelque part bien loin de nous dans le cadre spatio-temporel. Qui aujourd'hui oserait encore imaginer une révolution en Europe occidentale ?

Et pourtant… comment peut-on espérer un avenir de liberté en écartant d'emblée l'idée de révolution ? Cela me semble bien difficile vu la solidité du système actuel. Croire qu'il s'effondrera de lui-même me semble utopiste ; arriver à une société libre et égalitaire en réformant le système de l'intérieur me semble mission impossible.

En effet, tout est lié. Si l'on s'attaque à une composante isolée du système, les autres s'uniront pour la défendre. Chaque institution du pouvoir a tout intérêt à ce que les autres ne faiblissent pas, car elles se protègent mutuellement. Les tout-puissants milieux économiques, les bras tentaculaires de l'État, les institutions religieuses dogmatiques. Tous s'entraident pour mieux étendre leur contrôle. L'État est intéressé par toutes les rentrées financières apportées par les milieux économiques. Ceux-ci ont tout intérêt à ce que l'État maintienne son autorité, car sans lui pas de justice que l'on peut corrompre pour obtenir ce que l'on veut ni de police pour les protéger en cas de besoin. Les institutions religieuses elles aussi ont intérêt à chercher l'appui de l'État : en bénéficiant d'une reconnaissance officielle, elles sont ainsi assurées de rentrées financières suffisantes qui leur assurent un certain pouvoir peu importe la fréquentation de leurs cultes. De même, l'État gagne à bénéficier du soutien des Églises et autres communautés religieuses, car de cette manière celles-ci se retiendront de critiquer la politique, même lorsqu'elle va à l'encontre de certains enseignements de la religion. Depuis des siècles, beaucoup de religions n'ont-elles pas prôné le respect de la loi et de l'autorité ? De plus, de nombreuses religions, en promettant un monde meilleur pour l'au-delà, sont en quelque sorte anti-révolutionnaires par nature : cela ne vaut pas la peine de lutter pour changer le monde présent si on a l'assurance d'une vie meilleure après la mort.

Dès lors, il est facile de comprendre que les différents pouvoirs, tout particulièrement l'État et les milieux économiques, resteront très solidaires face aux diverses tentatives de les affaiblir ou de les démocratiser. Cela implique que la transformation du système par la voie démocratique est très difficile voire impossible. De plus, la prétendue démocratie actuelle fonctionne en grande partie en jouant sur la peur et sur de fausses promesses. Comment voulez-vous transformer radicalement une société par le biais de politiciens corrompus et de votants facilement influençables ?

Il est nécessaire d'envisager d'autres moyens d'action… ce qui à mon avis passe nécessairement par une destruction des institutions en place, autrement dit, par la révolution. Attention cependant, révolution ne signifie pas guerre civile ni destruction de la société. Ce sont les institutions, clés de voute du pouvoir, qui doivent être démantelées.

Le pouvoir le plus fort et le plus contraignant est celui de l'État. C'est lui qui contrôle la police, le système monétaire et la justice. S'il venait à disparaitre, il sera bien difficile aux autres institutions d'imposer quoi que soit. En effet, si quelqu'un aujourd'hui refuse d'obéir aux lois, il se fait remettre à l'ordre par la police et la justice. Il en va de même s'il refuse la propriété privée. Imaginons maintenant que l'État n'existe plus. Du moment que ni la police ni la justice n'existent plus, plus rien ni personne ne peut contraindre qui que ce soit. Dès ce moment, la propriété privée n'a plus aucun sens ni intérêt : chacun peut ainsi disposer librement de ce dont il a l'usage et qui ne sert pas à quelqu'un d'autre. De même, l'argent n'a plus aucune raison d'être : sans propriété, rien ne sert de baser ses échanges sur une valeur marchande ; seul le principe de l'usage et du non-usage s'applique dans ce cas.

Si l'on venait à détruire le système économique en maintenant l'État (voire en le détruisant par le biais de l'État), la société ne serait certes plus dirigée par les intérêts financiers, mais le pouvoir étatique ne s'en retrouverait que renforcé, restreignant toujours autant la liberté individuelle. De même, le système monétaire étant maintenu, les échanges se baseraient toujours sur des valeurs marchandes. Cette voie est celle du marxisme, qui est nécessairement vouée à l'échec. L'espoir d'un auto-dépérissement de l'État lorsque le capitalisme sera vaincu est illusoire. Du moment que le peuple accepte de déléguer son pouvoir à des politiciens, il s'en trouvera toujours pour prendre gout à ce pouvoir et imposer leur volonté au peuple. Il est peu probable que la majorité de la classe politique accepte de renoncer à son propre pouvoir. Le pouvoir peut corrompre même les plus bonnes et généreuses personnes.

Comme le résumait Bakounine, « Ils [les marxistes] maintiennent que seule la dictature —la leur, évidemment— peut parvenir à libérer le peuple. Notre [les anarchistes] réponse à cette affirmation est qu'aucune dictature ne peut avoir d'autres buts que sa propre perpétuation, et qu'elle ne peut engendrer que l'esclavage du peuple la tolérant. La liberté ne peut être créée qu'à partir de la liberté, c'est-à-dire par une rébellion universelle de la part du peuple et la libre organisation des masses laborieuses de bas en haut. »

Au contraire, si l'on parvient à détruire l'État, tout le reste du système s'effondrera à sa suite. Même les institutions religieuses, pouvant parfois paraitre comme ennemies de l'État, s'affaibliront et seront contraintes soit de disparaitre soit de se transformer en des organisations libres où tout pouvoir et toute contrainte auront disparu. En effet, les gens jouissant de leur pleine liberté n'auront plus aucun intérêt à se réfugier dans des univers sombres et clos dans l'espoir d'un monde meilleur.

Maintenant il convient de distinguer au sein de l'État les institutions de pouvoir et celles qui n'y appartiennent pas. L'État social ne détient pas de pouvoir en soi, rien ne sert donc de s'y opposer. Le développement des assurances sociales, de la promotion de la culture, des services publics et de la protection de l'environnement est à encourager car il permet de limiter les dégâts du système. Au contraire, l'ennemi du peuple est l'État politicien et policier, celui qui lui impose sa vision du monde et le maintient dans son rôle passif. C'est ce celui-là qu'il faut combattre.

Le combat est à la fois individuel et collectif : individuellement, il ne faut pas se résigner à accepter ce rôle passif dans lequel nous sommes confinés ; collectivement, il faut s'organiser pour contourner le plus possible le système et affaiblir le pouvoir. Surtout, il faut convaincre les gens, leur montrer leur aliénation dont certains ne se rendent même plus compte…

La révolution n'est définitivement pas un concept négatif et dépassé. C'est un passage obligé sur le chemin qui mène à un avenir fait de liberté et de bonheur… Mais cette révolution-là doit être différente. Il ne s'agit plus de prendre le pouvoir mais de le détruire.

L'espoir n'est pas mort… la force de notre volonté fera s'écrouler le système. Ensemble nous pourrons détruire ce pouvoir qui nous opprime. Alors demain flottera le drapeau noir au vent de la liberté…

Les trois barreaux de la prison

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Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits.

S'il ne fait aucun doute que ce principe est totalement inconnu dans certaines régions du globe, il est souvent admis qu'il est respecté dans nos contrées dites démocratiques. Vraiment ? On peut bien admettre que tous naissent égaux en droits, bien que l'origine familiale soit souvent source d'inégalités, mais je ne crois pas que personne ne naisse libre.

Indépendamment de notre volonté, chacun de nous est automatiquement intégré dans les trois grands systèmes qui régissent le monde : la hiérarchie du pouvoir, le système monétaire et la propriété. Il est quasiment impossible à quiconque d'arriver à vivre à l'écart de ces systèmes. Or tous trois s'opposent à la liberté.

Le pouvoir entre les mains des autorités n'est rien d'autre qu'une aliénation du peuple : sous un couvert de démocratie, le peuple est en réalité forcé d'obéir à une élite dont la plupart ne veut pas. C'est ce pouvoir qui empêche les habitants d'être maitres de leurs propres villes et villages, imposant son urbanisme et vendant les rues et les bâtiments au plus offrant. C'est ce même pouvoir, garant de l'ordre, qui maintient la subordination des travailleurs aux grands patrons. Plus globalement, le pouvoir étatique est en quelque sorte la carapace qui protège tout le système actuel. Si quelqu'un refuse ses principes et tente de s'y soustraire, il sera automatiquement condamné et réprimé par les autorités. Les deux autres piliers du système sont fortement dépendants de celui-ci.

Le tout-puissant système monétaire, attribuant une valeur numérique à tout ou presque, est un l'un des plus grands maux de notre société. Il permet de résumer n'importe quel objet, travail, ressource naturelle, terrain ou bâtiment à une série de chiffre, et ainsi de hiérarchiser les biens et le travail selon une échelle de valeur subjective mais imposée à tous. Il permet ainsi d'occulter la valeur réelle des choses et d'attribuer une valeur immense à des fichiers abstraits totalement déconnectés du monde réel. Mais le pouvoir de l'argent ne s'arrête pas là. Il impose aux gens d'exercer des activités qui créent suffisamment de valeur marchande. Il pousse la société non pas à progresser et à améliorer son niveau de vie, il n'encourage pas la créativité artistique ni la science pure. Non, tout ce qui a de la valeur dans ce système est ce qui permet de produire plus ou d'amasser plus, même lorsque cela n'a aucun intérêt en soi.

La propriété est souvent perçue comme un droit naturel. Mais pourquoi donc ? La propriété, peut importe qu'elle soit privée ou publique, s'oppose au bien commun. Ce dernier voudrait que chaque bâtiment, terrain ou objet soit à la disposition de celui qui en a besoin. Or la propriété conduit dans de nombreux cas à un déséquilibre entre la disponibilité réelle et l'offre effective. De plus, elle impose souvent un recours au système monétaire, car rare sont les situations où l'on peut disposer d'un bien qui ne nous appartient pas sans devoir aligner une certaine somme.

Les trois piliers du système actuel sont autant de barreaux pour chacun d'entre nous. La cage est parfois dorée mais nous sommes bel et bien prisonniers.… Nous n'avons pas pu choisir le monde où nous sommes nés, mais nous pouvons décider ce que nous voulons qu'il soit demain. Prisonniers de toute la Terre, ne voyez-vous pas cette lumière qui brille de l'autre côté de vos barreaux ? Avez-vous perdu tout espoir de l'atteindre ? Ces barreaux sont certes solides, mais comment pourraient-ils résister face à la force de notre volonté ? Unissons-nous contre les geôliers du peuple et tout le pénitencier s'écroulera. Car, si nos cellules sont isolées, c'est bien dans la même prison que nous somme tous enfermés.

Levez-vous, gens de ce monde !

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Je suis certain que bien souvent dans votre vie, au fond de vous-même, vous vous dites : «Ah, qu'est-ce que cela pourrait être mieux si…»

Peut-être regrettez-vous le passé, peut-être rêvez-vous d'un futur lointain… peut-être rêvez-vous d'un monde nouveau, fruit de votre imagination.

Mais alors vous vous dites que cela n'est pas possible et vous tentez d'oublier ce qui vous dérange…

Mais pourquoi ? Pourquoi ne serait-ce pas possible ?

Parce que vous vous sentez seul face à l'immensité du monde ?

Mais non, vous n'êtes pas seul ! Nous sommes des milliers, des millions à nous indigner face à une société aveugle et injuste. Ne vous dites pas que vous ne pouvez rien faire. Bien sûr que nous pouvons changer les choses ! Mais cela est difficile si les gens sont persuadés du contraire…

À quoi bon rester à se dire qu'il est impossible qu'il en soit autrement ? Qu'y a-t-il à perdre d'essayer de faire en sorte que cela soit possible ?

Le monde nous appartient, et c'est nous qui pouvons décider de ce qu'il sera demain. Croyez-y et vous verrez que l'on peut vaincre l'impossible…

Osez vous exprimer ! Osez changer ce qui vous dérange ! Osez réaliser vos rêves ! La résignation ne sert qu'à renforcer nos ennemis…

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