Sortie du nucléaire: le changement, c'est maintenant

Rédigé par Aurélien - - 2 commentaires

L'année dernière, je vous faisais part de ma déception quant au faible impact politique de l'accident nucléaire de Fukushima. J'écrivais notamment:

« En Suisse? On parle de sortie du nucléaire pour 2034… c'est loin. Je m'imagine déjà tous les prétextes que nos compagnies électriques vont avancer pour repousser sans fin l'échéance. »

Force est de constater que je ne me suis pas trompé, malheureusement: tout en maintenant l'interdiction de construire de nouvelles centrales atomiques, on parle désormais d'exploiter les existantes jusqu'à 60 ans, ce qui repousse donc la sortie du nucléaire à 2044, la centrale de Leibstadt, la plus récente, ayant été mise en service en 1984.

C'est un paradoxe: les sociétés électriques font du déficit en exploitant leurs vieilles centrales nucléaires, dont les couts de maintenance sont élevés, et pourtant on veut pouvoir les exploiter toujours plus longtemps. À quoi bon?

Heureusement, une initiative populaire a été déposée pour imposer une sortie progressive du nucléaire d'ici à 2029. Nous allons pouvoir voter à ce sujet le 27 novembre prochain.

Les opposants à ce principe avancent qu'il est trop ambitieux d'espérer pouvoir se passer de l'énergie atomique d'ici 2029. Sérieusement?! 2029, cela laisse 13 ans à la société pour s'adapter. Si l'on pense à l'évolution technologique qu'a connu notre société sur la même période, de 2003 à aujourd'hui, je ne me fais aucun doute quant à notre capacité à nous en passer... si la volonté y est, nous pourrions même y parvenir bien avant sans problème.

L'énergie nucléaire représente environ un tiers de la production suisse d'électricité, le reste étant assuré par des énergies renouvelables, en grande partie l'hydroélectricité. Nous avons la chance de ne pas être dépendants de l'énergie nucléaire comme l'est par exemple la France, où se passer de cette énergie relève d'un tout autre défi.

Alors, comment compenser ce tiers manquant?

La première et la plus importante des mesures à prendre est l'économie d'énergie! Le potentiel en la matière est énorme... c'est le moment de réfléchir globalement (et non pas seulement à l'échelle des particuliers) où va l'énergie produite et si son utilisation est justifiée et intelligente.

Ensuite, bien entendu, il s'agit de développer, raisonnablement, les énergies renouvelables, je pense là surtout à l'énergie solaire, dont les possibilités de développement ne manquent pas.

Qu'en pensez-vous? Trouvez-vous utopique d'abandonner l'atome d'ici treize ans? Ne croyez-vous pas que le jeu en vaut la chandelle?

En ce qui me concerne, je ne peux que vous encourager à aller voter oui le 27 novembre, ne serait-ce que pour les générations futures qui, croyez-moi, nous en seront reconnaissantes.

Fukushima, quatre ans plus tard

Rédigé par Aurélien - - Aucun commentaire

Le 11 mars 2011, le Japon vivait le deuxième véritable accident nucléaire de l'histoire.

Beaucoup d'encre a coulé autour de l'atome en cette année-là. La Suisse et l'Allemagne ont même proclamé solennellement leur volonté de s'affranchir de cette source d'énergie.

Mais depuis ? Qu'est-ce qui a changé ? Nos centrales atomiques sont toujours là et on continue à en construire de nouvelles de part le monde. On compte en Chine plus d'une vingtaine de centrales en construction…

En Suisse ? On parle de sortie du nucléaire pour 2034… c'est loin. Je m'imagine déjà tous les prétextes que nos compagnies électriques vont avancer pour repousser sans fin l'échéance.

C'est toujours pareil… il y a un grosse catastrophe, tout le monde en parle et prend de bonnes résolutions ; quelques années passent et tout le monde a déjà oublié.

Car ce n'est pas parce que ça n'explose pas et que ça n'émet pas de CO2 qu'il n'y a pas de problème, ne l'oublions pas. Nos décideurs savent-ils d'où vient l'uranium utilisé dans ces centrales ? Ont-ils une idée des dégâts causés par son extraction ? Sans parler des tonnes de déchets nocifs dont on ne sait que faire.

Certains décideurs n'en ont réellement aucune idée. D'autres le savent mais s'en moquent bien, c'est bien trop loin de chez eux pour qu'ils se sentent concernés. Comment peut-on faire confiance à de telles personnes ? En même temps, pourquoi changeraient-ils d'avis ? Le peuple ne se plaint pas et fait confiance, comme toujours.

Trêve de bavardages. Si vous voulez au moins avoir le sentiment d'être utile, faute de parvenir à fermer vos centrales nucléaires, personne ne vous empêche de signer la pétition en faveur d'une politique climatique équitable.

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