Remplir les coffres, encore et toujours

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Attirer chez soi les plus riches ? À en entendre certains, il s'agit là d'une attitude tout à fait honnête et profitable au plus grand nombre. L'argent que dépensent les multimillionnaires en exil fiscal bénéficie à tous les habitants de la région, ce qui justifie des privilèges fiscaux en leur faveur. C'est du moins ce que prétend une bonne partie de la classe politique suisse.

Un forfait fiscal, c'est quoi exactement ? C'est le régime d'imposition s'appliquant, dans la plupart des cantons suisses, aux personnes de nationalité étrangère résidant en Suisse mais n'y exerçant pas d'activité lucrative. Leurs impôts ne sont alors pas calculés en fonction de leurs revenus ni de leur fortune mais de leurs dépenses. Bien entendu, ces personnes payent ainsi bien moins d'impôts que si elles étaient soumises au système d'imposition ordinaire. L'intérêt pour la Suisse, attirer des riches dans le pays ; l'avantage pour les intéressés, payer moins que dans leur pays d'origine.

Ça, c'était pour la théorie. Voyons maintenant les conséquences.

Tout l'argent ainsi économisé par les exilés fiscaux manquera ailleurs, dans divers pays où il serait certainement plus utile que dans leur compte en banque. Je ne mets pas en doute que la présence de ces «jet-setters» en Suisse soit profitable à certains, et il est fort probable qu'une partie d'entre eux quittera le pays si leurs privilèges venaient à tomber. Mais, indépendamment de ce que ces forfaits fiscaux peuvent apporter de positif, est-ce acceptable de profiter ainsi de l'étranger ?

Ces impôts qui ne sont pas perçus à l'étranger, si l'État veut gagner de l'argent, ce sont des gens comme vous et moi qui doivent les payer à leur place. Sinon, ce sont autant de coupes budgétaires, de licenciements et de réduction de prestations dans les services publics. Mais oui, les gouvernements étrangers ne sont pas bien différents de ceux d'ici, ils veulent gagner de l'argent et ils le prennent là où il se trouve. S'ils ont moins de rentrées fiscales, ce sont les gens d'en-bas qui trinquent, voilà tout.

S'enrichir sur le dos de l'étranger en permettant aux grandes fortunes d'échapper à la redistribution sociale, je ne trouve pas ça très correct. C'est le genre de choses à vous donner honte d'habiter dans ce pays. Mais si vous trouvez cela normal, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? À moins que vous ne soyez un de ces fervents défenseurs du sacro-saint fédéralisme ?

Allons donc, cette Suisse, toujours le parfait modèle. Un brave petit pays qui promeut la démocratie et la paix dans le monde. Toujours en bonne forme, étonnamment… on dirait que les problèmes internationaux ne sont jamais que de légers nuages dans le ciel bleu helvétique. C'est facile quand on vole l'argent des autres. C'est facile de prétendre n'avoir de comptes à rendre à personne tout en permettant aux plus riches du monde entier d'échapper à une redistribution plus juste des richesses… et après on est fier de vanter les mérites de ce fameux modèle de réussite suisse. Si c'est cela la Suisse, eh bien il n'y a pas grande fierté à être suisse.

Cela dit, attirer des riches chez soi n'amène pas que des avantages, loin de là. Ces gens occupent de grands terrains, font monter les prix de l'immobilier, monopolisent les beaux quartiers de nos villes et villages. Accessoirement, cela crée aussi beaucoup d'antipathie de la part de l'étranger. Mais c'est là une autre question.

Ces bons vieux Suisses sont trop fermés sur eux-mêmes, contrairement aux coffres de leurs banques, et la démocratie ne peut que refléter cet état d'esprit. Ce n'est pas une raison pour renoncer… à nous de tenter de les rendre raisonnables.

Tout commence en soi-même...

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On peut voir le monde tel qu'il est, constater ses innombrables problèmes et tenter de résoudre ces problèmes de l'intérieur. Très difficile et épuisant… le monde sait se défendre si on l'attaque.

On peut aussi imaginer un autre monde totalement différent et se dire : ça serait vraiment mieux ainsi. Se convaincre que c'est possible. Et agir comme si on y était déjà.
Alors notre perception de la vie devient radicalement différente.

Il faut juste accepter de lâcher tous ces principes de la vie courante qui nous semblent naturels mais qui nous enferment dans un système clos.
Juste se dire que le monde peut fonctionner sans argent ni troc, qu'il n'y a pas besoin de donner une valeur marchande à notre activités et à nos biens.
Juste se dire que travailler pour travailler ne sert à rien. Que l'on n'est pas obligé de consacrer sa vie à une seule activité. Que personne n'a à nous dire ce que nous devons faire de notre vie.

La liberté ne se mendie pas, elle se prend, tout simplement.
C'est en comprenant cela que l'on devient heureux.
Alors des gens le remarquent et parfois s'interrogent sur eux-mêmes.
Ils changent, comprennent et deviennent libres à leur tour.

Alors demain flottera le drapeau noir

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La révolution… un terme certes très évocateur, mais qui dans l'esprit de la plupart des gens se réfère soit à des évènements historiques, soit à des conflits violents ayant lieu dans de lointaines régions du globe, en tous les cas quelque part bien loin de nous dans le cadre spatio-temporel. Qui aujourd'hui oserait encore imaginer une révolution en Europe occidentale ?

Et pourtant… comment peut-on espérer un avenir de liberté en écartant d'emblée l'idée de révolution ? Cela me semble bien difficile vu la solidité du système actuel. Croire qu'il s'effondrera de lui-même me semble utopiste ; arriver à une société libre et égalitaire en réformant le système de l'intérieur me semble mission impossible.

En effet, tout est lié. Si l'on s'attaque à une composante isolée du système, les autres s'uniront pour la défendre. Chaque institution du pouvoir a tout intérêt à ce que les autres ne faiblissent pas, car elles se protègent mutuellement. Les tout-puissants milieux économiques, les bras tentaculaires de l'État, les institutions religieuses dogmatiques. Tous s'entraident pour mieux étendre leur contrôle. L'État est intéressé par toutes les rentrées financières apportées par les milieux économiques. Ceux-ci ont tout intérêt à ce que l'État maintienne son autorité, car sans lui pas de justice que l'on peut corrompre pour obtenir ce que l'on veut ni de police pour les protéger en cas de besoin. Les institutions religieuses elles aussi ont intérêt à chercher l'appui de l'État : en bénéficiant d'une reconnaissance officielle, elles sont ainsi assurées de rentrées financières suffisantes qui leur assurent un certain pouvoir peu importe la fréquentation de leurs cultes. De même, l'État gagne à bénéficier du soutien des Églises et autres communautés religieuses, car de cette manière celles-ci se retiendront de critiquer la politique, même lorsqu'elle va à l'encontre de certains enseignements de la religion. Depuis des siècles, beaucoup de religions n'ont-elles pas prôné le respect de la loi et de l'autorité ? De plus, de nombreuses religions, en promettant un monde meilleur pour l'au-delà, sont en quelque sorte anti-révolutionnaires par nature : cela ne vaut pas la peine de lutter pour changer le monde présent si on a l'assurance d'une vie meilleure après la mort.

Dès lors, il est facile de comprendre que les différents pouvoirs, tout particulièrement l'État et les milieux économiques, resteront très solidaires face aux diverses tentatives de les affaiblir ou de les démocratiser. Cela implique que la transformation du système par la voie démocratique est très difficile voire impossible. De plus, la prétendue démocratie actuelle fonctionne en grande partie en jouant sur la peur et sur de fausses promesses. Comment voulez-vous transformer radicalement une société par le biais de politiciens corrompus et de votants facilement influençables ?

Il est nécessaire d'envisager d'autres moyens d'action… ce qui à mon avis passe nécessairement par une destruction des institutions en place, autrement dit, par la révolution. Attention cependant, révolution ne signifie pas guerre civile ni destruction de la société. Ce sont les institutions, clés de voute du pouvoir, qui doivent être démantelées.

Le pouvoir le plus fort et le plus contraignant est celui de l'État. C'est lui qui contrôle la police, le système monétaire et la justice. S'il venait à disparaitre, il sera bien difficile aux autres institutions d'imposer quoi que soit. En effet, si quelqu'un aujourd'hui refuse d'obéir aux lois, il se fait remettre à l'ordre par la police et la justice. Il en va de même s'il refuse la propriété privée. Imaginons maintenant que l'État n'existe plus. Du moment que ni la police ni la justice n'existent plus, plus rien ni personne ne peut contraindre qui que ce soit. Dès ce moment, la propriété privée n'a plus aucun sens ni intérêt : chacun peut ainsi disposer librement de ce dont il a l'usage et qui ne sert pas à quelqu'un d'autre. De même, l'argent n'a plus aucune raison d'être : sans propriété, rien ne sert de baser ses échanges sur une valeur marchande ; seul le principe de l'usage et du non-usage s'applique dans ce cas.

Si l'on venait à détruire le système économique en maintenant l'État (voire en le détruisant par le biais de l'État), la société ne serait certes plus dirigée par les intérêts financiers, mais le pouvoir étatique ne s'en retrouverait que renforcé, restreignant toujours autant la liberté individuelle. De même, le système monétaire étant maintenu, les échanges se baseraient toujours sur des valeurs marchandes. Cette voie est celle du marxisme, qui est nécessairement vouée à l'échec. L'espoir d'un auto-dépérissement de l'État lorsque le capitalisme sera vaincu est illusoire. Du moment que le peuple accepte de déléguer son pouvoir à des politiciens, il s'en trouvera toujours pour prendre gout à ce pouvoir et imposer leur volonté au peuple. Il est peu probable que la majorité de la classe politique accepte de renoncer à son propre pouvoir. Le pouvoir peut corrompre même les plus bonnes et généreuses personnes.

Comme le résumait Bakounine, « Ils [les marxistes] maintiennent que seule la dictature —la leur, évidemment— peut parvenir à libérer le peuple. Notre [les anarchistes] réponse à cette affirmation est qu'aucune dictature ne peut avoir d'autres buts que sa propre perpétuation, et qu'elle ne peut engendrer que l'esclavage du peuple la tolérant. La liberté ne peut être créée qu'à partir de la liberté, c'est-à-dire par une rébellion universelle de la part du peuple et la libre organisation des masses laborieuses de bas en haut. »

Au contraire, si l'on parvient à détruire l'État, tout le reste du système s'effondrera à sa suite. Même les institutions religieuses, pouvant parfois paraitre comme ennemies de l'État, s'affaibliront et seront contraintes soit de disparaitre soit de se transformer en des organisations libres où tout pouvoir et toute contrainte auront disparu. En effet, les gens jouissant de leur pleine liberté n'auront plus aucun intérêt à se réfugier dans des univers sombres et clos dans l'espoir d'un monde meilleur.

Maintenant il convient de distinguer au sein de l'État les institutions de pouvoir et celles qui n'y appartiennent pas. L'État social ne détient pas de pouvoir en soi, rien ne sert donc de s'y opposer. Le développement des assurances sociales, de la promotion de la culture, des services publics et de la protection de l'environnement est à encourager car il permet de limiter les dégâts du système. Au contraire, l'ennemi du peuple est l'État politicien et policier, celui qui lui impose sa vision du monde et le maintient dans son rôle passif. C'est ce celui-là qu'il faut combattre.

Le combat est à la fois individuel et collectif : individuellement, il ne faut pas se résigner à accepter ce rôle passif dans lequel nous sommes confinés ; collectivement, il faut s'organiser pour contourner le plus possible le système et affaiblir le pouvoir. Surtout, il faut convaincre les gens, leur montrer leur aliénation dont certains ne se rendent même plus compte…

La révolution n'est définitivement pas un concept négatif et dépassé. C'est un passage obligé sur le chemin qui mène à un avenir fait de liberté et de bonheur… Mais cette révolution-là doit être différente. Il ne s'agit plus de prendre le pouvoir mais de le détruire.

L'espoir n'est pas mort… la force de notre volonté fera s'écrouler le système. Ensemble nous pourrons détruire ce pouvoir qui nous opprime. Alors demain flottera le drapeau noir au vent de la liberté…

Caisse-maladie publique : un peu plus de justice

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Il est évident que, dans l'idéal, chacun devrait pouvoir avoir accès aux soins médicaux de base sans avoir à mettre la main au portemonnaie. En effet, personne ne choisit d'être malade et il est juste que la société prenne à sa charge les frais en découlant. Cependant, dans notre système de santé actuel, chacun doit toujours payer une partie de ses frais médicaux (la fameuse «quote-part») et des primes d'assurance-maladie toujours plus élevées.

Bien entendu, un modèle nettement différent serait souhaitable. Cependant, la proposition d'une caisse maladie unique et publique constitue déjà un bon début. Certes, ce n'est pas là une solution miracle qui résoudrait tous les problèmes du système, mais cela permettrait déjà de réduire considérablement les frais de bureaucratie liés aux multiples assureurs privés et leurs innombrables offres toujours plus complexes. Tout l'argent et l'énergie dépensés dans la publicité pourraient être investis plus intelligemment, de manière à ce qu'ils profitent au plus grand nombre. En effet, une part importante des primes payées par les assurés sert uniquement à financer les mécanismes de la concurrence. De même, toute la bureaucratie induite par le jeu des changements réguliers de caisse-maladie disparaitrait, d'où des économies pour le système d'assurance et des soucis en moins pour les assurés.

Un avantage certain d'une caisse publique serait la fin de la chasse aux bons risques pratiqués par tous les assureurs actuels. Chaque société essaye d'attirer les assurés qui présentent le moins de risques d'avoir des problèmes de santé, afin d'avoir le moins de factures possibles à rembourser. D'où des difficultés pour les personnes nécessitant plus de soins à trouver des offres à un prix convenable. Une caisse publique n'aurait aucun intérêt à faire des bénéfices donc aucune raison de proposer des primes très basses aux personnes «peu couteuses» ni d'imposer des primes élevées aux personnes «à risque». Le montant des primes serait réparti de manière équitable et servirait uniquement à financer l'assurance elle-même.

Certains diront qu'imposer à tous une assurance étatique constitue une atteinte à la liberté individuelle. Mais où est la différence avec le fonctionnement actuel ? Chacun est obligé de s'affilier à une caisse-maladie, la seule liberté accordée est celle de choisir quel assureur et quel modèle de couverture des couts il souhaite. Une caisse publique peut elle aussi proposer divers modèles afin de correspondre aux différents besoins de chacun. Et où est l'avantage d'être contraint de s'affilier à une entreprise privée plutôt que d'être contraint de s'affilier à une institution publique ? Il n'y en a aucun, bien évidemment, mais par contre une institution publique sera moins encline à rechercher le profit à tout prix.

Un peu moins de finance dans le système de santé ne peut qu'améliorer la situation. Nous avons certainement à y gagner et n'avons vraiment rien à y perdre, alors pourquoi le refuser ?

À Dieu ce qui est à Dieu et au peuple ce qui lui appartient

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Dans une société moderne se prétendant démocratique et prônant la liberté de pensée, on serait en droit de s'attendre à ce qu'aucune croyance ne jouisse de privilèges, du moins de privilèges officiels. Or la situation actuelle en Valais est bien loin de cette attente : non seulement de nombreux symboles religieux sont imposés dans des bâtiments publics (attirant des ennuis à ceux qui tentent de les retirer) mais de plus l'État accorde un statut officiel à la religion chrétienne, représentée par l'Église catholique romaine et l'Église évangélique réformée. Ces deux institutions sont ainsi reconnues comme d'intérêt public et bénéficient de généreuses subventions de la part de l'État.

Une telle situation est totalement inacceptable dans un pays démocratique. Les institutions gouvernementales n'ont pas à se mêler d'affaires métaphysiques. Libre à chacun de croire à ce qu'il souhaite, mais il n'est pas normal que telle ou telle croyance soit officiellement soutenue par les collectivités publiques. C'est aux croyants qu'il revient de subvenir aux besoins de leurs institutions religieuses. De même, les textes politiques ayant valeur de droit ne devraient pas contenir de référence au surnaturel. Or est-il nécessaire de rappeler que la constitution cantonale (de même que la constitution fédérale) s'ouvre par la formule « Au nom de Dieu tout puissant ! » ? Et est-il normal qu'une école publique et obligatoire contraigne ses élèves et professeurs à accepter un symbole religieux bien en évidence dans leur classe ?

Comment voulez-vous qu'une religion soit respectée par les gens ne s'en réclamant pas si elle jouit de privilèges sans fondements ? Plus longtemps les Églises refuseront la laïcité, plus elles seront combattues par les non-croyants ainsi que les adeptes d'autres religions. Ce n'est certainement pas dans leur intérêt.

Aussi, il est temps de mettre fin à cette aberration. Que vous soyez chrétien, agnostique, musulman, athée, raëlien ou que sais-je, peu importe, si vous aussi vous estimez que la laïcité est indispensable à la liberté de croyance, alors n'hésitez pas à signer l'initiative populaire cantonale pour un Valais laïc…

Les trois barreaux de la prison

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Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits.

S'il ne fait aucun doute que ce principe est totalement inconnu dans certaines régions du globe, il est souvent admis qu'il est respecté dans nos contrées dites démocratiques. Vraiment ? On peut bien admettre que tous naissent égaux en droits, bien que l'origine familiale soit souvent source d'inégalités, mais je ne crois pas que personne ne naisse libre.

Indépendamment de notre volonté, chacun de nous est automatiquement intégré dans les trois grands systèmes qui régissent le monde : la hiérarchie du pouvoir, le système monétaire et la propriété. Il est quasiment impossible à quiconque d'arriver à vivre à l'écart de ces systèmes. Or tous trois s'opposent à la liberté.

Le pouvoir entre les mains des autorités n'est rien d'autre qu'une aliénation du peuple : sous un couvert de démocratie, le peuple est en réalité forcé d'obéir à une élite dont la plupart ne veut pas. C'est ce pouvoir qui empêche les habitants d'être maitres de leurs propres villes et villages, imposant son urbanisme et vendant les rues et les bâtiments au plus offrant. C'est ce même pouvoir, garant de l'ordre, qui maintient la subordination des travailleurs aux grands patrons. Plus globalement, le pouvoir étatique est en quelque sorte la carapace qui protège tout le système actuel. Si quelqu'un refuse ses principes et tente de s'y soustraire, il sera automatiquement condamné et réprimé par les autorités. Les deux autres piliers du système sont fortement dépendants de celui-ci.

Le tout-puissant système monétaire, attribuant une valeur numérique à tout ou presque, est un l'un des plus grands maux de notre société. Il permet de résumer n'importe quel objet, travail, ressource naturelle, terrain ou bâtiment à une série de chiffre, et ainsi de hiérarchiser les biens et le travail selon une échelle de valeur subjective mais imposée à tous. Il permet ainsi d'occulter la valeur réelle des choses et d'attribuer une valeur immense à des fichiers abstraits totalement déconnectés du monde réel. Mais le pouvoir de l'argent ne s'arrête pas là. Il impose aux gens d'exercer des activités qui créent suffisamment de valeur marchande. Il pousse la société non pas à progresser et à améliorer son niveau de vie, il n'encourage pas la créativité artistique ni la science pure. Non, tout ce qui a de la valeur dans ce système est ce qui permet de produire plus ou d'amasser plus, même lorsque cela n'a aucun intérêt en soi.

La propriété est souvent perçue comme un droit naturel. Mais pourquoi donc ? La propriété, peut importe qu'elle soit privée ou publique, s'oppose au bien commun. Ce dernier voudrait que chaque bâtiment, terrain ou objet soit à la disposition de celui qui en a besoin. Or la propriété conduit dans de nombreux cas à un déséquilibre entre la disponibilité réelle et l'offre effective. De plus, elle impose souvent un recours au système monétaire, car rare sont les situations où l'on peut disposer d'un bien qui ne nous appartient pas sans devoir aligner une certaine somme.

Les trois piliers du système actuel sont autant de barreaux pour chacun d'entre nous. La cage est parfois dorée mais nous sommes bel et bien prisonniers.… Nous n'avons pas pu choisir le monde où nous sommes nés, mais nous pouvons décider ce que nous voulons qu'il soit demain. Prisonniers de toute la Terre, ne voyez-vous pas cette lumière qui brille de l'autre côté de vos barreaux ? Avez-vous perdu tout espoir de l'atteindre ? Ces barreaux sont certes solides, mais comment pourraient-ils résister face à la force de notre volonté ? Unissons-nous contre les geôliers du peuple et tout le pénitencier s'écroulera. Car, si nos cellules sont isolées, c'est bien dans la même prison que nous somme tous enfermés.

Levez-vous, gens de ce monde !

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Je suis certain que bien souvent dans votre vie, au fond de vous-même, vous vous dites : «Ah, qu'est-ce que cela pourrait être mieux si…»

Peut-être regrettez-vous le passé, peut-être rêvez-vous d'un futur lointain… peut-être rêvez-vous d'un monde nouveau, fruit de votre imagination.

Mais alors vous vous dites que cela n'est pas possible et vous tentez d'oublier ce qui vous dérange…

Mais pourquoi ? Pourquoi ne serait-ce pas possible ?

Parce que vous vous sentez seul face à l'immensité du monde ?

Mais non, vous n'êtes pas seul ! Nous sommes des milliers, des millions à nous indigner face à une société aveugle et injuste. Ne vous dites pas que vous ne pouvez rien faire. Bien sûr que nous pouvons changer les choses ! Mais cela est difficile si les gens sont persuadés du contraire…

À quoi bon rester à se dire qu'il est impossible qu'il en soit autrement ? Qu'y a-t-il à perdre d'essayer de faire en sorte que cela soit possible ?

Le monde nous appartient, et c'est nous qui pouvons décider de ce qu'il sera demain. Croyez-y et vous verrez que l'on peut vaincre l'impossible…

Osez vous exprimer ! Osez changer ce qui vous dérange ! Osez réaliser vos rêves ! La résignation ne sert qu'à renforcer nos ennemis…

À la poursuite du silence

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Brigue, le 17 aout 2025

Chers amis,

Je suis très honoré de pouvoir vous annoncer l'achèvement officiel des travaux de construction de l'autoroute de Sierre à Brigue. Le chantier fut long et entravé d'embuches. J'en suis conscient, votre tâche a été ardue. Cependant tout le travail a été brillamment accompli, vous avez là de quoi grandir votre fierté !

À compter du mois prochain, le dernier maillon du réseau des routes nationales sera enfin ouvert à la circulation. Les interminables files de poids-lourds traversant les villes et villages de la plaine du Rhône ne seront bientôt plus qu'un lointain souvenir. Et ce grâce à vous, ingénieurs et constructeurs !

Chers amis, aujourd'hui est un grand jour pour le Valais tout entier. Je suis heureux d'y être présent ici avec vous. Au nom de tous les habitants de notre beau canton, merci à vous tous !

Et maintenant fêtons dignement ce succès, notre succès, votre succès !

Allocution du Conseiller d'État en charge du Département des Transports, de l'Équipement et de l'Environnement du Canton du Valais dans le cadre de la cérémonie de fin des travaux de l'autoroute A9


Viège, le 14 septembre 2025

Chers collaborateurs, actionnaires et associés,

Aujourd'hui se tourne une page dans l'histoire de notre société. Dès samedi une nouvelle porte s'ouvrira sur l'extérieur ; si longtemps limités par notre situation géographique défavorable, nous voici enfin reliés au réseau des grands axes européens. De nouvelles perspectives de développement se dessinent : des transports plus rapides permettront une expansion sur un plus vaste territoire d'activités et nous ouvrira de nouveaux marchés.

Ne nous relâchons pas pour autant, car de nouveaux défis nous attendent : il faudra résister à une concurrence qui, elle aussi, se trouvera rapprochée. Rassurez-vous, je n'ai aucune crainte à ce sujet : depuis plus d'un siècle notre entreprise a été confrontée à de nombreux bouleversements et en est toujours sortie grandie. Du petit atelier familial au grand groupe industriel d'aujourd'hui, la B. S. K. et Cie n'a cessé de croitre. Restons sur la voie du succès !

Oui, je sais que je peux avoir confiance en vous pour assurer à notre vénérable société un avenir radieux. Ainsi nous pourrons à nouveau créer des emplois qui profiteront à toute la région.

Pour la B. S. K. et pour le Haut-Valais, buvons à notre réussite !

Discours de Peter K., président du conseil d'administration de la B. S. K. et Cie, lors de l'assemblée générale extraordinaire de la société


Bratsch, le 18 septembre 2025

Chère Hannah,

Du haut de mon perchoir, j'admire cette paisible vallée du Rhône qui nous a vu grandir. Il y a bien longtemps déjà que je n'y vis plus, mais je m'y sens toujours chez moi. J'y suis revenu aujourd'hui pour profiter une dernière fois de ce calme si magique qui règne ici. Une dernière fois malheureusement, car demain la mobilité moderne fera son entrée fracassante en cette contrée. Assis sur mon banc ensoleillé, je perçois au fond de la vallée un étrange ruban noirâtre qui longe la voie ferrée. Aujourd'hui encore immaculé, il sera dès demain recouvert d'automobiles vrombissantes en tous genres. Te rappelles-tu les nombreuses fois où nous attendions le train en jouant aux billes sur le quai ? Eh bien imagine-toi que juste à côté défileront bientôt des camions lancés à 120 km/h. Si on avait raconté cela au chef de gare, jamais il n'aurait voulu le croire. Déjà qu'il n'en revenait pas lorsque les premiers avions de l'armée étaient arrivés… il serait heureux tiens, l'aérodrome est fermé désormais. Pourtant, aujourd'hui personne ne semble s'étonner de cette énorme route. Drôle d'époque, hein ? Je finirais par croire que c'est moi qui deviens fou. Je n'ai pourtant même pas encore soufflé mes nonante-trois bougies… À part ça te souviens-tu de ton neveu Michael ? Figure-toi que je l'ai croisé, en bas à Niedergampel. Il tient toujours la ferme de tes parents ! J'ai voulu l'inviter à venir à Berne un de ces jours mais il était très occupé ; tu sais le travail qu'ont les paysans de nos jours. J'espère qu'il pourra venir cet hiver.

En espérant te revoir bientôt, je t'embrasse, chère cousine.

Werner


Toujours plus loin, toujours plus vite, les hommes repoussent les limites du silence.

Le progrès éternel étend sa domination sur les territoires.

La nature n'a pas son mot à dire… ni la plupart des gens.

Mais tout ceci… pourquoi ? Qu'y gagnons-nous vraiment ?

Rien ne sert de tourner en rond

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S'il est une caractéristique des démocraties parlementaires qui est plus ou moins universelle, c'est bien l'éternelle alternance gauche/droite des gouvernements et parlements. La politique française en est un parfait exemple : dès que les électeurs en ont marre des innombrables décisions nuisibles d'une équipe, ils se tournent vers l'autre, et ainsi de suite, en se limitant à ces éternelles deux mêmes équipes dont la composition évolue avec les années tout en restant assez semblable dans le fond. Curieuse façon de penser que de ramener au pouvoir ceux-là mêmes que l'on avait évincés quelques années plutôt et de tourner en rond dans ce balancement sans fin.

Tous les sondages prédisent une écrasante victoire des conservateurs de l'UMP et du FN aux élections européennes. Pour voir le bon côté des choses, on peut dire que la population a majoritairement compris que le PS et ses satellites ne vont pas changer le monde et qu'il est peut-être temps d'aller voir sous d'autres horizons ; cependant on ne peut que se désoler que l'opinion publique ne sache que transférer ses espoirs d'une équipe à l'autre.

Il est temps que les gens réalisent que toutes ces oscillations ne font que tourner les aiguilles du temps sans faire pour autant avancer l'horloge. Un premier pas serait déjà de réaliser qu'il existe un monde en dehors des participants à ce jeu dénué de sens.

Notre pays n'est pas à vendre !

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Vu sur le site de la R.T.S. : Un chantier pharaonique défraie la chronique à Villars-sur-Ollon

Dans la station de Villars-sur-Ollon, un chantier pharaonique défraie la chronique depuis près de 10 ans. Pour plusieurs dizaines de millions de francs, un couple russe se construit un "chalet-château", à moitié enfoui dans la montagne.

Il n'y aurait rien à redire si les propriétaires respectaient les lois et les règlements suisses. Mais depuis quelques années, le chantier dérive.

Autorisations non-respectées, violation de la loi sur la forêt, droit du travail bafoué, le chantier […] inquiète la commune et le canton.

Il est assez amusant de constater la manière de s'inquiéter des politiques :

Débordée par l'ampleur du dossier, la commune confirme que l'implantation ne respecte plus les autorisations accordées, mais reste impuissante. Le permis d'habiter devrait être refusé. A Lausanne, la direction générale de l’environnement promet que les violations de la loi cantonale sur la forêt seront sévèrement sanctionnées.

Résumons la situation : un énorme chantier pose problème depuis plusieurs années mais la commune est tellement débordée qu'elle n'a toujours rien pu faire. Au canton, on voit qu'il y a des soucis mais tout ce que l'on fait c'est de promettre des sanctions. Autrement dit, on voit les problèmes mais on a d'autres chats à fouetter.

Voici donc les politiques travaillant à plein rendement pour protéger leur pays… ce qui pourrait paraitre, disons, plutôt étonnant est que tout le monde se plaint mais on ne parle que de sanctions ou de refuser le permis d'habiter mais pas de bloquer le chantier. Ce ne serait pas là une tâche bien difficile. Mais tant la commune que le canton n'ont-ils pas intérêt à laisser le chantier se terminer et ensuite pouvoir soit taxer fortement les contrevenants soit saisir les biens ? Bien évidemment. Il ne faut pas se faire d'illusions, les politiques pensent à l'intérêt commun tant qu'il est aussi le leur. Au bon sens et à la défense du peuple ou de l'environnement se substitue facilement un joli bénéfice bien miroitant.

D'ailleurs, ils avouent eux-même leur désintérêt vis-à-vis du bien commun : Il n'y aurait rien à redire si les propriétaires respectaient les lois et les règlements suisses. Bien entendu, on ne se pose pas la question de la pertinence ou non des lois et règlements suisses ni de leur suffisance, on se borne à les appliquer. Peu importe la possible opposition des habitants des lieux ou la perte de terrains agricoles. Ces gens-là ne sont-ils pas capables de réflexion en dehors d'un cadre rigide ? En tout cas, nous avons tort de leur confier la gestion des affaires publiques.

Mais, politiques à part, le problème originel est tout de même causé par la vente de ce terrain à de riches étrangers. Cet exemple n'en est qu'un parmi tant d'autres. Il est facile de critiquer les «étrangers qui volent nos logements et mitent le territoire par leurs résidences secondaires». Il est tout autant facile de céder son terrain contre une somme intéressante. Si les habitants de ce pays n'étaient pas tant attirés par l'argent, jamais nos montagnes ne seraient devenues ce qu'elles sont. Toutes les lois du monde n'y changeront rien, ce sont les mentalités qu'il faut changer !

Cela dit, en remontant à la source du problème, c'est la notion même de propriété privée qui doit être remise en cause. Il n'est aucune raison qu'un individu puisse prétendre à un droit d'exclusivité sur des portions de notre bonne vieille Terre. Un terrain, c'est plus qu'un ensemble de chiffres. Un terrain, c'est une histoire, c'est un paysage, c'est une vie qui s'y déroule. En le monnayant à des gens sans scrupule, le premier coupable est-il le vendeur ou l'acheteur ? Qu'importe. Nous sommes tous victimes, consciemment ou non, de la dictature de la propriété. Privée ou étatique, la propriété est une oppression. Qu'il s'agisse d'un terrain, un logement, une fabrique ou une ressource naturelle, elle empêche ceux qui en ont besoin d'en faire usage et permet à d'autres de s'enrichir et de le détruire sans scrupule.

La liberté ne peut cohabiter avec la propriété. Tant que la société restera dominée par l'obsession de posséder, un monde libre restera une utopie.

Il n'est pas interdit de se plaindre. Il n'est pas défendu de rêver non plus.


Mise à jour 26.05.14

Aux dernières nouvelles, le chantier a été bloqué. Les autorités ont donc tout de même fini par réagir ; ce qui n'enlève rien pour autant au fait qu'ils aient laissé faire pendant plusieurs années alors qu'ils savaient pertinemment qu'il y avait des problèmes de non-respect des droits des travailleurs notamment.

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